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Une intrigue prenanteMais revenons-en à votre traque de Match Maker : après avoir échappé à plusieurs des étranges habitants du building désaffecté, vous parvenez enfin à rejoindre le suspect. Seulement voilà, le chasseur devient la proie et votre adversaire vous met à terre, vous dérobe votre arme, et l’utilise pour tuer vos deux équipiers. Curieusement, votre vie est épargnée et vous vous réveillez chez vous, l’une de vos connaissances semblant attendre votre réveil. L’homme vous révèle que vos collègues de la police sont persuadés que vous êtes l’assassin des agents tués par le criminel, et vous exhorte à vous échapper pour faire toute la lumière sur cette affaire. C’est lorsque les sirènes retentissent que vous faites votre choix et sautez par la fenêtre.
A partir de cet instant, vous devenez vous-même un fugitif et ne trouverez le salut (du moins l’espérez-vous !) qu’en mettant la main sur Match Maker et peut-être en trouvant l’explication au regain de violence que connaît la ville. La progression du scénario se fait par chapitre, chacun étant divisé en plusieurs checkpoints bien utiles lors de certains passages difficiles. Car si vos premiers affrontements ne vous opposent qu’à un ennemi à la fois, peu coriace qui plus est, la difficulté augmente sensiblement au fil du temps et vous devrez apprendre à vraiment maîtriser la parade et le Taser pour ne pas voir trop souvent l’écran de Game Over.




Vos activités durant la dizaine d’heures de jeu qui vous attend seront un mélange de ce que vous avez pu découvrir pendant le niveau d’introduction, à savoir l’exploration d’environnements toujours plus sombres et inquiétants, la recherche d’indices, et les combats. Si ces derniers sont particulièrement réussis, notamment grâce à une intelligence artificielle très au point qui permet aux agresseurs de se cacher pour mieux vous surprendre, on regrette en revanche que l’aspect scientifique du jeu n’ait pas été plus approfondi: une icône vous signale la présence d’éléments potentiellement intéressants, et l’appui sur le bouton X sort automatiquement l’outil adéquat qui vous permettra de les découvrir. De la même manière, une fois l’indice localisé, un nouvel appui sur X sélectionne l’outil de collecte dont vous avez besoin. On aurait probablement apprécié que le joueur soit moins guidé durant ces phases. De la même manière, le jeu dans son ensemble est extrêmement linéaire et se contente d’une succession d’objectifs à remplir, sans jamais vraiment laisser de décision au libre choix du joueur.
Autre petit regret, le scénario ne répond pas à toutes les questions qu’il pose et certains joueurs risquent de rester sur leur faim une fois le dernier chapitre bouclé. De plus, certains éléments narratifs ne bénéficient pas de cut-scenes intégrées au jeu mais apparaissent sous forme de texte durant les écrans de chargement. C’est d’autant plus dommage que l’histoire qui nous est contée semble avoir été un axe privilégié dans le développement du jeu !Quand la technique sert le scénarioOn constate en effet rapidement que Condemned, tout en assumant son label «next-gen», ne cherche pas à donner dans l’esbroufe et la surenchère visuelle. Au contraire, le titre profite de la puissance de la Xbox 360 pour installer une ambiance et contribuer à l’immersion du joueur dans la vie de l’agent Ethan Thomas. Ainsi, au lieu de s’extasier ici sur une gestion d’effets lumineux incroyables, on hésite à s’engouffrer dans les pièces sombres et sordides qui se succèdent, toutes recelant potentiellement une rencontre des moins agréables. Pour ceux qui voudraient toutefois absolument se faire une idée du niveau technique du jeu, nous nous contenterons de parler de textures correctes, de décors peu variés mais bien modélisés, et d’une interaction avec l’environnement qui se révèle finalement un peu limité. Les divers ennemis sont variés et bénéficient d’une animation soignée, si l’on excepte celle de leur trépas, un peu trop conventionnelle en regard du reste du titre.




Côté sonore, Condemned joue la subtilité et sait faire sursauter le joueur qui, s’habituant à traverser de longs corridors avec pour seul accompagnement le bruit de ses pas, se retrouve parfois subitement face à quelques sauvages bien décidés à stopper net sa progression. Ici non plus, la débauche technologique n’est pas de mise mais les moyens employés poursuivent toujours le même but: happer le joueur au cœur de l’histoire. On note par ailleurs la quasi-absence de thème musical, quelques discrètes mélodies venant toutefois accompagner certains moments cruciaux.
Terminons avec l’un des seuls points qui semble aller à contre-courant de l’orientation générale du jeu: pour déverrouiller les succès désormais habituels sur 360, vous devrez non seulement terminer le scénario mais aussi collecter des oiseaux morts (vous découvrirez en cours de jeu leur rapport avec l’histoire) et des plaques de métal. Des objectifs «annexes» qui, avouons-le, ne semblent pas vraiment à leur place dans l’aventure qui nous est proposée.
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• Une ambiance incroyable
• Des combats au corps à corps convaincants
• L’intrigue prenante
• Une progression très linéaire
• Un scénario trop peu mis en valeur
• Un peu répétitif
Verdict
Doté d’une réalisation au service de son scénario, Condemned prend à contre-pied les productions qui cherchent à en mettre plein les yeux au détriment de l’histoire proposée au joueur. Bien que la traversée de longs niveaux obscurs sporadiquement habités de créatures aussi étranges qu’agressives puisse ne pas paraître très enthousiasmante de prime abord, la plongée dans l’univers de Condemned est une expérience vidéoludique marquante qui devrait séduire les amateurs d’ambiance. Certes on aurait aimé que les éléments scénaristiques soient mieux mis en avant et que le côté investigation soit plus développé, mais le résultat reste accrocheur et, fait plus rare, original.
Le forum du jeu
- 04/03/07 Condamne - 38 messages

A partir de 19.99 €
Graphismes
8 / 10Le faisceau de votre lampe torche vous permettra de déchirer l’obscurité omniprésente afin d’admirer le travail de modélisation des décors et la qualité des textures. Un rendu qui traduit parfaitement l’ambiance sordide de l’aventure.
Jouabilité
7 / 10Le système de jeu mélangeant différents ingrédients tirés des jeux d’aventure, des FPS et des survival horror fonctionne plutôt bien, mais la redondance des actions finit par se faire sentir.
Son
8 / 10Une ambiance sonore très réussie dont les longs silences ne sont au final pas plus rassurants que les bruits environnants. Les musiques sont rares et discrètes mais judicieusement utilisées.
Durée de vie
7 / 10Vous découvrirez le dénouement de l’aventure après une petite dizaine d’heures de jeu mais il faudra plus de temps pour dénicher tous les objets cachés dans les différents niveaux.
Fun
8 / 10Difficile de parler de « fun » dans Condemned tant l’atmosphère du jeu est noire et lourde. Mais c’est justement cette ambiance qui plonge le joueur au cœur de l’intrigue et le pousse à suivre l’agent Thomas jusqu’au bout !