
Eragon
publié le 17 janvier 2007- Etat : Disponible
- Développeur :Stormfront Studios
- Distributeur :Vivendi Universal Games
- Thème :Heroïc Fantasy
- Genre :Action / Aventure
- 24/11/2006
- inconnue
- inconnue
15 ans. C’est l’âge de Christopher Paolini quand il a commencé à écrire l’histoire d’Eragon. Qui l’eut cru que sept ans plus tard, son histoire allait être traduite dans plus de quarante langues, son livre adapté au grand écran, et cette adaptation porté sur nos consoles.
Pari osé que d’adapter un film en jeu vidéo car beaucoup s’y sont risqués et peu ont réussis. Alors Eragon, décollage réussi ou plantage en plein vol ?
On ne peut pas s’empêcher dès les premières minutes de sentir la grosse machinerie commerciale derrière ce projet. Il faut dire que le paquet a été mis. Une production qui s’est donné les moyens pour terminer dans un film plutôt très moyen, qui de surcroit ne respecte même pas les événements de l’œuvre originale.
Eragon, jeune fermier sans histoire, découvre ce qu’il pense être une pierre. Il notera vite que cette pierre n’en est pas une mais que c’est plutôt un œuf, de dragon de surcroit. L’œuf éclot, Eragon se rend compte qu’il arrive à communiquer avec le dragon via un lien magique qui les unira jusqu’à leurs morts. Et c’est malgré lui qu’il devient dragonnier, guerrier doté de pouvoirs magiques volant à dos de dragon pour combattre le tyran qui sévit depuis des décennies sur la région.


Seize niveaux sont au programme, ceux-ci ayant comme décor et comme trame générale une scène du film. Profondément hack and slash, c’est le studio Stormfront qui s’occupe du portage. Une bonne nouvelle quand on a vu et joué aux excellents Lord of The Rings qu’ils avaient développés. Et on sent l’influence dans Eragon.
Et bien détrompez-vous, car là où l’on applaudissait les Lord of The Rings à la réalisation plus qu’honorable, on a l’impression qu’Eragon a été bâclé histoire de correspondre avec un planning marketing chargé. Et malheureusement, on le sent bien tout au long du jeu, si on voit ce que ce sait faire ce studio et ce qui a été produit, on se dit qu’il y a une marche qui a été loupé sans qu’on sache vraiment pourquoi.
Les combats sont réduits à leurs plus simples expressions et votre personnage sera limité: attaque, attaque forte, protection, et vous avez aussi des combos réalisés par une combinaison de touches. Mais tout est tellement basique que le gameplay se résume à taper sur votre manette pour écraser les vagues d’ennemis qui se présentent à vous sans cesse. Vos ennemis sont nombreux, mais pas très malins. Quelques uns offrent une plus grande résistance car ils se réfugient derrière des boucliers, mais une fois le bouclier brisé, c’est le massacre en bonne et dur forme grâce au massacre de votre manette. Au début, vous vous amuserez à profiter de cette IA défaillante et à trouver les meilleures astuces pour les vaincre sans se fouler. Mais au bout d’un certain moment, la boucle sera bouclée et cela deviendra ennuyant.


Pour vous aider dans ces combats, et en plus de vos talents à manier l’épée et l’arc, vous êtes également un magicien. Vos pouvoirs apparaitront au fur et à mesure de votre progression dans le jeu, un nouveau sort vous étant expliqué à la fin de presque chaque niveau. Ceux-ci viennent un peu pimenter les combats car on trouve toujours une nouvelle manière de tuer l’ennemi. Par exemple, vous avez le pouvoir de pousser ou attirer vos ennemis vers vous, un sort qui se révèle bien pratique lorsqu’ils sont au bord d’un précipice. Au lieu d’engager un combat vous les faites tomber dedans sans vous poser de questions. D’autres pouvoirs existent comme un bouclier de protection, une flèche surpuissante pour votre arc, ou encore le fait de pouvoir bouter le feu à votre ennemi qui prendra la fuite paniqué en essayant de l’éteindre.
Votre magie peut aussi vous servir sur des objets où lors de passages où vous êtes coincés. Un ravin infranchissable, un tas de planches et votre magie vous prodigue un pont de fortune. Malheureusement, votre magie ne peut pas s’appliquer partout ni comme vous le souhaitez. Ainsi, face à un mur où l’on aperçoit le symbole qui marque l’utilisation de la magie, vous n’aurez qu’à appuyer sur une touche et c’est tout. Vous ne décidez pas du sort ni de l’objet sur lequel votre magie s’applique. De la sorte qu’en cours d’aventure, votre magie sera un brin répétitive, toujours à construire des ponts ou à faire un passage dans la roche.


A ce propos, signalons que la progression dans les niveaux est, en plus d’être linéaire, entachée de pseudo épreuves de réflexion où vous allez devoir trouver comment continuer à progresser. Et parfois, il faut admettre que ce n’est pas toujours évident, surtout grâce à un placement de caméra absolument catastrophique. Oubliez votre réflexe de bouger le second stick pour la caméra. Ici, vous ne décidez de rien, le jeu le fait pour vous, pour le meilleur et surtout pour le pire. Fixe, la caméra s’avère très souvent mal placée enlevant toute perspective sur la scène. Déjà pénible pour attraper une poutre pour passer au dessus d’un ravin, il peut donc vous arriver de ne pas trouver un passage parce que, tout simplement, elle est invisible à l’écran. Pire dans certains combats, vous pourriez avoir la vue gâchée par un pilastre qui cache votre personnage au beau milieu des ennemis.


Eragon, le dragonnier, ne serait rien sans son dragon, Saphira. Quelques niveaux du jeu y font allusion, mais le nombre est très fort limité. Là où le jeu aurait pu reprendre du poil de la bête, c’est dans ces phases à dos de dragon. Mais il n’en est rien. Dans ses niveaux, vous suivez un circuit prédéfini en boucle tant que le nombre d’ennemis à abattre n’a pas été atteint ou que vous n’êtes pas mort. Armé de votre arc, ou du feu qui est craché par votre dragon, l’ennui s’installera assez vite.
Eragon se boucle vite, voir trop vite. Comptez 6 heures en mode normal, 8 en mode difficile, et en aucun cas, vous aurez envie de recommencer le jeu une fois fini. Sauf peut être pour débloquer les succès relativement facile à avoir qui de surcroit apporte un capital point relativement intéressant pour ceux cherchent à capitaliser. Le mode online étant absent, un mode Coop essaie désespérément de prendre le relais, mais on peut l’oublier aussi à cause du problème de caméra. Votre partenaire devra vous suivre à la trace, car s’il ne vous suit pas, vous êtes bloqué, pas question d’aller plus loin, histoire que tout reste sur le même écran. Mais outre ce problème, cela n’apporte pas grand-chose en plus au jeu. Cela permet de se rendre compte ensemble que l’histoire et le gameplay tourne un peu en rond.
Dans sa présentation, le jeu reste sur un constat identique. Pas joli, les personnages ressemblent de loin à ceux du film et leurs animations restent basiques. Les ennemis sont tout aussi classiques et peu variés. Vous allez donc souvent rencontrer les mêmes ennemis tout au long de voter aventure, sans que beaucoup de neuf soit apporté en cours.
Les musiques sont un peu plus dans le ton, sans être renversantes. Juste au minimum, on peut noter que le doublage en français est assez bien fait, contrairement à la version originale qui semble, selon nos confrères anglophones, particulièrement à côté de la plaque.






• Des tours de magie assez fun à utiliser dans un premier temps
• Une caméra fixe qui empêche toute perspective
• Un gameplay un peu bourrin malgré tout
Verdict
Eragon ressemble à un jeu que l’on aurait bâclé pour le faire correspondre avec sa sortie cinématographique. Pourtant habitué à nous donner du grand spectacle, les développeurs de Stormfront ont simplifiés à l’extrême le jeu pour qu’il convienne tant au grand qu’au petit. Il y avait une limite à ne pas franchir qui malheureusement l’a été.

A partir de 11.9 €
Graphismes
5 / 10Des personnages fort peu ressemblants, statiques de part leurs animations simplistes. Des décors forts semblables renforçant l’effet déjà-vu, ce jeu ne fait pas honneur à la 360.
Jouabilité
4 / 10Si les multiples tours de magie sont simple a réaliser, le choix de la caméra fixe aurait du faire preuve d’un peu plus d’attention. Frustrante et mal placée elle amène vite à vouloir déposer les armes
Son
7 / 10Une bonne surprise qui fait plaisir à voir dans le jeu. Elles permettent à certains niveaux de prendre une certaine importance et augmente l’intensité des combats.
Durée de vie
4 / 10Le jeu est beaucoup trop simple et se boucle trop vite. Certains niveaux sont inutilement long et on sent un certaine envie d’avoir voulu tirer en longueur pour éviter un jeu encoure plus court.
Fun
4 / 10Si au début on découvre le principe du jeu et que l’on trouve cela sympa, on se rend vite compte qu’au bout d’une heure on en a fait le tour.